Notre arrière-grand-mère Maria VAUGEOIS (1863-1927)

Cher cousin, chère cousine,

Je termine la série des articles sur nos arrière-grands-parents, avec une arrière-grand-mère Camembert : Maria VAUGEOIS. Comme elle est la femme de Victor MARIE, ne soit pas étonné(e) que la partie de l’article portant sur leur période de vie commune te rappelle quelque chose, comme par exemple ce que tu as lu dans cet article Notre arrière-grand-père Victor MARIE (1849-1914).

J’ai choisi ici de nommer toutes les personnes par leur prénom d’usage quand je le connais. Ce n’est pas toujours leur premier prénom à l’état civil (vous pouvez relire Le jeu des prénoms au pays du Camembert).

1863 : Sa naissance

Maria naît le 10 novembre 1863 à 9 heures du matin dans la maison de ses parents, au hameau du Noyer à Landisacq. Son père la déclare en mairie le lendemain à « une heure du soir ». Elle s’appelle Maria Philomène Adeline.

Son père, Pierre VAUGEOIS (dont les prénoms à l’état civil sont Noël Pierre), a 39 ans et est originaire de la Haute-Chapelle. Sa mère, Victoire LEBRUN, 34 ans, est née à Landisacq. Ils sont fermiers.

Acte de naissance de Maria VAUGEOIS – Archives Départementales de l’Orne

Maria est le premier enfant de la famille, ses parents s’étant mariés un an plus tôt. Son petit frère, Victor, naît en 1869, quelques semaines avant ses 6 ans.

Sa grand-mère paternelle Madeleine RUAULT est décédée depuis plus de vingt ans. Son grand-père paternel, Jean VAUGEOIS, vit au hameau de la Houdière à Lonlay-l’Abbaye avec sa seconde épouse, Anne BLANCHETIÈRE.

Sa grand-mère maternelle, Anne DAUFY, est décédée depuis dix ans. Son grand-père, François LEBRUN, vit aux Carrefours à Landisacq où il a été serrurier.

Les parents et grands-parents de Maria

Ses Cousins

Maria a 9 cousins, 13 cousines, dont certains sont demi-cousins ou demi-cousines puisque petits-enfants du grand-père paternel de Maria avec sa seconde épouse. A sa naissance, la plus âgée est Victorine LECONTE âgée de 15 ans, fille de Marie LEBRUN, sœur de la mère de Maria. Maria a 19 ans quand naît sa plus jeune cousine en 1882, Victorine BOUILLON, qui est la fille de Geneviève VAUGEOIS, demi-sœur de son père.

Cousins et cousines de Maria VAUGEOIS avec leur âge à sa naissance

Du côté maternel, ses oncles et tantes vivent à Landisacq :

  • Jean-Baptiste LEBRUN et Marie HAMEL ont quatre filles qui ont entre 2 et 11 ans à la naissance de Maria. Ils vivent au bourg de Landisacq où Jean-Baptiste est serrurier, et Marie marchande de tissus.
  • François LEBRUN, célibataire, est serrurier. Il vit chez son frère Antoine.
  • ‘Antoine LEBRUN (qui est aussi serrurier) et Julie HUARD ont un fils et une fille qui naissent aux Carrefours un an et quatre ans après Maria.
  • Marie LEBRUN et Édouard LECOMTE vivent à la Milcendière où ils sont cultivateurs. Leurs quatre filles et deux fils sont âgés de 8 mois à 15 ans à la naissance de Maria.

Du côté paternel, la famille est plus dispersée. Voici la liste de ses oncles et tantes :

  • François VAUGEOIS, célibataire, vit à Flers, où il est menuisier.
  • Marie VAUGEOIS et Ambroise DURAND (qui est tisserand) vivent à l’Oisellerie à la Lande-Patry avec leurs deux enfants qui ont quelques mois d’écart avec Maria.
  • Jean Baptiste VAUGEOIS, tisserand, et Anne Perrine LAUMONDAYS et leurs deux enfants, qui ont aussi quelques mois d’écart avec Maria, vivent à Barenton.
  • Anne Louise VAUGEOIS, domestique, épouse Nicolas CHATEL, aussi domestique, 10 ans après la naissance de Maria. Anne Louise est alors domiciliée à la Lande-Patry. A ma connaissance, ils n’ont pas eu d’enfant.
  • Modeste Marie VAUGEOIS et Baptiste GAHERY vivent aux Bruyères à Lonlay-l’Abbaye où ils sont cultivateurs. Ils ont 3 enfants.
  • Geneviève VAUGEOIS, demi-sœur du père de Maria épouse Félix BOUILLON alors que Maria a 5 ans. Ils sont cultivateurs à Barenton, où ils auront trois enfants.
  • Victor VAUGEOIS, demi-frère du père de Maria est cultivateur à Lonlay-l’Abbaye. Il est célibataire.

1864 : le décès de son grand-père maternel

Son grand-père François LEBRUN, qui vit aux Carrefours à Landisacq, décède à l’âge de 73 ans, 7 mois après la naissance de Maria.

1869 : la naissance de son frère Victor

Son frère Victor naît le premier juillet 1869, au Noyer comme Maria. Victor est son prénom d’usage et de baptême, mais ne figure pas à l’état civil où il est prénommé Albert Pierre Martial. Maria a alors presque 6 ans.

1869 – 1873 : six décès dans la famille proche :

Des 5 ans aux 9 ans de Maria, six personnes de la famille proche décèdent :

  • en 1869, son oncle maternel Edouard LECOMTE, puis son épouse Marie LEBRUN en 1872 qui vivent à la Milcendière. Le hameau n’étant situé qu’à un kilomètre, elle devait bien les connaître.
  • en 1870, son demi-oncle paternel Victor VAUGEOIS, qu’elle connaissait peut-être moins puisqu’il vivait à Lonlay-l’Abbaye.
  • en 1871, son grand-père paternel Jean VAUGEOIS, puis, en 1872, Anne BLANCHETIÈRE sa seconde épouse qui vivaient à Lonlay-l’Abbaye.
  • en 1873, son oncle maternel Jean-Baptiste LEBRUN, au bourg de Landisacq, qu’elle devait aussi bien connaître.

1871 : le décès de son père

Pierre VAUGEOIS, son père, décède le 20 juillet 1871 à l’âge de 47 ans. Maria approche de ses 8 ans, et son petit frère Victor de ses 2 ans. Leur mère, Victoire LEBRUN a 41 ans. Le frère puiné de Pierre, François VAUGEOIS, qui a alors 45 ans, vient s’installer avec eux au Noyer. On le trouve présent dans le foyer dès le recensement de 1872.

Entre 1872 et 1876 : le déménagement aux Carrefours

En 1872 la famille est recensée au Noyer, puis, en 1876, aux Carrefours (toujours à Landisacq) dans la maison dont j’ai parlé dans La famille aux Carrefours. C’est donc entre ces deux dates que le déménagement a lieu, soit entre les 9 ans et les 13 ans de Maria.

Son oncle François LEBRUN, frère de sa mère, leur voisin aux Carrefours, décède à l’âge de 58 ans.

1870 – 1885 : neuf mariages à Landisacq

Dans cette période, soit de ses 7 ans à ses 22 ans, huit cousines et un cousin, tous du côté maternel, se marient à Landisacq. Je ne sais pas si elle a été invitée à toutes les fêtes. J’espère qu’elle en a bien profité !

Du côté paternel, son père étant l’ainé de la fratrie, ce sont deux tantes de Maria qui se sont mariées, une à Lande-Patry en 1873 (Maria a alors 10 ans), et l’autre dans la Manche en 1878.

1885 : son mariage avec Victor MARIE

Maria a 22 ans. Dans le village voisin de la Huardière, vit Victor MARIE, célibataire, qui après le décès en début d’année de son père exploite seul une ferme. Il a quatorze ans de plus qu’elle. Cela ne les empêche pas de se marier le 23 juin 1885 à Landisacq.

Mariage de Victor MARIE et Maria VAUGEOIS – Archives Départementales de l’Orne

Les témoins du mariage sont Polydore BOUVET et Constant LEBRET, tous les deux beaux-frères de Victor, ainsi que Gustave LAIR représentant de commerce âgé de 60 ans, ami des époux, et François VAUGEOIS, oncle de la mariée.

Maria rejoint Victor dans sa maison de la Huardière.

1886-1898 : la naissance de ses enfants

Cinq enfants naissent à la Huardière : Émile en 1886, Victorine en 1888, notre grand-père Henri en 1889, Joseph en 1890 et Jules en 1892.

La famille déménage en fin d’année 1892 ou dans le courant de 1893 à Larchamp au hameau des Landes. Les trois derniers enfants y naissent : Marie en 1894, Madeleine en 1897 et André en 1898.

1894-1896 : le décès de sa mère et de son oncle François VAUGEOIS

Sa mère, Victoire LEBRUN, décède en 1894 à l’âge de 64 ans. Elle aura vu naître quatre fils et deux filles de Maria. François VAUGEOIS, le frère de son père venu s’installer aux Carrefours au décès de celui-ci, décède en 1896. La maison des Carrefours n’est plus habitée que par son frère Victor qui a alors 26 ans. Il est cantonnier.

1896 : le mariage de son frère

Trois mois plus tard (sûrement parce que sa mère et son oncle s’opposaient au mariage), Victor VAUGEOIS épouse Clémence BUSNOT, 30 ans, originaire de Cerisy-Belle-Etoile. Ils continuent à habiter la maison des Carrefours. Clémence décède en 1908, sans enfant.

1906-1912 : le service militaire de ses fils

Les enfants grandissent aux Landes, puis à partir de 1906 et jusqu’en 1912, les garçons remplissent leurs obligations militaires chacun à leur tour, sauf André qui est encore trop jeune (il sera incorporé en 1917).

C’est dans cette période, vers 1910, que la famille a été prise en photo, probablement devant leur maison. Tu peux voir cette photo dans cet article : La famille MARIE en 1910 .

Le fils ainé, Émile, part en apprentissage à la Carneille où il rencontre Alicia DAVY. Le déclenchement de la première guerre mondiale les empêchera de se marier.

1914-1918 : les années tragiques

Ses quatre fils ainés, Émile, Henri, Joseph et Jules, sont mobilisés en 1914. Cela rend si triste son époux Victor qu’il meurt de chagrin le 28 décembre 1914 à l’âge de 65 ans. Maria a 51 ans.

Son frère Victor est aussi mobilisé en 1915.

Émile, son fils ainé, décède en Argonne le 9 mars 1917. Henri et Joseph seront blessés et Jules sera fait prisonnier.

1920-1924 : ses petits-enfants

Après guerre, la vie reprend ses droits avec le mariage de son fils Joseph en 1920 et sa fille Victorine en 1922. De ces deux mariages, elle voit naître deux petits-fils (dont un qui ne vivra que quelques mois), et une petite-fille. Sept autres petits-enfants naitront après son décès.

1927 : son décès

La famille quitte les Landes pour la Vauvardière entre les recensements 1921 et 1926. En 1926, ses enfants qui vivent avec elle sont : Henri qui a 37 ans, Jules 34 ans, Marie 32 ans, Madeleine 29 ans et André 28 ans.

Voici comment, en 2021, Denise, sa petite fille, a raconté son décès :

« Le 11 janvier 1927, alors qu’ils faisaient « 10 heures » (Ils vivaient encore à 3 ou 4 célibataires), il n’y avait plus d’eau. Leur mère [Maria Vaugeois] est partie en chercher dans un seau à la fontaine du plant. Voyant qu’elle était bien longtemps partie, papa [Henri Marie] est allé voir ce qui se passait : quelle émotion quand il l’a retrouvée noyée . Y avait-il une margelle pour s’approcher de l’arrivée de l’eau sur laquelle elle aurait glissé ? A-t-elle eu un malaise ? Maman [Berthe Lebaudy] dit, en parlant, que l’un des jeunes aurait pu y aller plutôt que leur vieille mère ».

Voici une image souvenir de son décès :

Collection familiale

Son décès est mentionné dans le journal la Croix du 21 janvier 1927 :

La parenthèse (Indulgences 7 ans et 7 quarantaines applicables aux défunts) indique que la prière « Jésus Marie Joseph » permet de réduire le temps de purification de son âme au purgatoire de 7 ans et 7 quarantaines.

Tu remarqueras qu’elle n’est pas mentionnée sous ses nom et prénom, mais sous ceux de son époux, comme cela se faisait à cette époque…

La frise chronologique suivante (réalisée avec frisechronos.fr) mentionne les principaux événements familiaux de la vie de Maria :

Les arbres de sa famille

Sur l’arbre qui suit, une fois que tu auras cliqué dessus pour l’agrandir, tu pourras voir, ses enfants et son frère :

Voici sa famille paternelle, VAUGEOIS, (grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines, ainsi que la famille issue du second mariage de son grand-père):

Sa famille maternelle, LEBRUN, est ici :

La carte de ses résidences

Voici une carte sur laquelle figurent les hameaux dans lesquels a vécu Maria, à Landisacq et Larchamp (qui sont distants d’un peu plus de 7 kilomètres à vol d’oiseau).

Voici la photo de Maria, extraite de la photo de la famille faite aux environs de 1910 :

Maria Vaugeois vers 1910 – collection familale

Tu peux aussi consulter sa fiche sur l’arbre généalogique que j’ai mis sur Geneanet en cliquant sur ce lien: Fiche de Maria Vaugeois sur geneanet

Cousinalement.

Didier